La réponse directe est oui, potentiellement, mais pas pour elle-même en tant qu’aidante épuisée, et sous des conditions très spécifiques.
Le crédit d’impôt pour services à la personne (SAP) est lié aux dépenses engagées pour des services réalisés au domicile d’une personne qui bénéficie de ces services.
Voici les cas de figure où le crédit d’impôt pourrait intervenir, même si l’aidante est épuisée mais non dépendante :
L’aidante emploie une aide à domicile pour la personne aidée :
C’est le cas le plus fréquent. L’aidante est épuisée parce qu’elle s’occupe de son proche dépendant. Pour la soulager, elle (ou la personne aidée) décide d’employer une auxiliaire de vie ou une aide ménagère pour le proche dépendant.
Si l’aidante est celle qui paie les services (et qu’elle est fiscalement domiciliée en France), elle pourra bénéficier du crédit d’impôt de 50% sur les sommes qu’elle a effectivement versées pour ces services destinés à la personne aidée.
Ceci est valable même si l’aidante n’est pas dépendante. Le crédit d’impôt est lié aux services rendus au domicile du bénéficiaire (qui est ici la personne dépendante) et à la personne qui engage la dépense.
Exemple : Une fille épuisée paie une auxiliaire de vie qui vient chez sa mère âgée et dépendante. La fille pourra bénéficier du crédit d’impôt sur les dépenses qu’elle engage. Si sa mère bénéficie de l’APA, les dépenses prises en compte pour le crédit d’impôt seront celles qui restent à la charge de la fille après déduction de l’APA.
L’aidante emploie des services à la personne pour son propre domicile (hors aide à la personne dépendante) :
L’épuisement de l’aidante peut la rendre incapable de gérer elle-même son propre domicile (ménage, jardinage, etc.).
Dans ce cas, si elle emploie une aide-ménagère ou un jardinier pour son propre domicile, elle pourra bénéficier du crédit d’impôt de 50% sur ces dépenses.
Ceci n’est pas directement lié à son rôle d’aidante, mais à sa situation personnelle qui l’empêche de réaliser ces tâches. C’est le crédit d’impôt classique pour les services à la personne pour tout contribuable.
C’est une façon indirecte de se soulager, en déléguant des tâches pour libérer du temps et de l’énergie.
Points importants à retenir concernant le crédit d’impôt dans ce contexte :
Il ne s’agit pas d’un crédit d’impôt pour « être aidant épuisé ». Il s’agit toujours du crédit d’impôt pour l’emploi de services à la personne.
Le crédit d’impôt est basé sur la dépense effective. Si l’aidante ne paie rien (par exemple, si c’est la personne aidée qui paie directement avec son APA), elle ne pourra pas bénéficier du crédit d’impôt.
Les services doivent être déclarés. Pour bénéficier du crédit d’impôt, il faut que les services soient déclarés (soit par un organisme agréé, soit en tant qu’emploi direct via le CESU – Chèque Emploi Service Universel).
Plafonds : Les plafonds de dépenses pour le crédit d’impôt s’appliquent. Ils sont généralement de 12 000 €, majorés sous certaines conditions (par exemple, 1 500 € par ascendant de plus de 65 ans pour lequel l’aidant est en charge fiscale, dans la limite de 15 000 €).
En conclusion, l’aidante épuisée, même si elle n’est pas en perte d’autonomie, peut tout à fait bénéficier du crédit d’impôt pour services à la personne si elle est l’employeur et la payeuse de services à domicile, que ce soit pour son proche dépendant ou pour elle-même. C’est un levier important pour alléger la charge, même s’il n’est pas spécifiquement conçu pour reconnaître l’épuisement de l’aidant.
