Pendant plus de vingt ans, j’ai accompagné des patients dans leurs parcours de rééducation. Après un AVC, une fracture, une chirurgie complexe, nous bâtissions ensemble des programmes de réadaptation. Les progrès étaient visibles : le pas plus sûr, la main plus souple, la confiance revenue. Mais à chaque sortie d’hôpital, une question revenait : qui prend le relais ?
Souvent, les familles recevaient un dossier, quelques conseils, et la promesse d’un suivi. Mais une fois la porte du domicile franchie, c’était une autre histoire. Les auxiliaires de vie étaient présentes, mais sans toujours avoir les bonnes informations. Les soignants de ville faisaient ce qu’ils pouvaient, chacun dans son domaine. Les aidants, eux, improvisaient. Et les progrès cliniques risquaient de s’effriter.
C’est ce vide que j’ai voulu combler. En devenant coordonnateur d’autonomie, j’ai choisi de relier ce qui ne l’était pas. Mon rôle n’est plus de réaliser des actes médicaux, mais de garantir la continuité. Concrètement, cela veut dire que j’organise le travail des auxiliaires de vie, je sécurise les plannings, j’installe la téléassistance comme un filet de sécurité permanent, et j’assure que chaque information circule.
Avec Jamacare, nous ne nous contentons pas de juxtaposer des services. Nous créons un système intégré. Les auxiliaires de vie ne sont pas laissées seules, les aidants savent où trouver du soutien, les familles dorment plus sereinement. L’autonomie cesse d’être un pari incertain, elle devient un projet solide.
Je crois que l’avenir de la dépendance et du handicap se joue ici : à la jonction entre l’hôpital et le domicile. Et c’est cette jonction que Jamacare entend organiser.
