CHRISTOPHE DELONG Coordinateur d’Autonomie

Votre autonomie, notre expertise Aide à domicile premium avec coordination personnalisée et gestion totale des démarches dans l’Ouest Parisien

La réforme des Services Autonomie à Domicile (SAD), avec une échéance clé au 1er juillet 2025, représente un bouleversement majeur pour le secteur des soins et de l’aide à la personne, et particulièrement pour les services qui n’étaient pas historiquement « médicalisés » (les SAAD).

Voici pourquoi cela va faire un très gros changement :

 

1. Fin du cloisonnement entre aide et soin : la « polyvalence » obligatoire

 

  • Avant la réforme : Il existait une séparation nette entre les SAAD (Services d’Aide et d’Accompagnement à Domicile) qui faisaient de l’aide à la personne (non médicalisée) et les SSIAD (Services de Soins Infirmiers À Domicile) qui faisaient du soin (médicalisé). Cette dichotomie entraînait des ruptures de parcours et des complexités pour les usagers qui avaient besoin des deux types de services.

  • À partir du 1er juillet 2025 (date limite de conformité pour de nombreuses structures) : Tous les services souhaitant continuer à opérer devront se transformer en Services Autonomie à Domicile (SAD) polyvalents. Cela signifie qu’ils devront, soit eux-mêmes dispenser des prestations d’aide ET de soins, soit s’organiser pour garantir l’accès aux deux types de prestations via des conventions ou des regroupements (fusion, GCSMS – Groupement de Coopération Sociale et Médico-Sociale).

    • Un SAAD « non médicalisé » devra donc soit créer une activité de soins (ce qui est lourd), soit signer des conventions solides avec des acteurs de soins (infirmiers libéraux, SSIAD, HAD) pour pouvoir orienter et coordonner la réponse aux besoins de soins de ses usagers.

 

2. Une approche plus globale et intégrée de l’accompagnement

 

  • Vision holistique de la personne : L’objectif est de ne plus voir la personne comme ayant des besoins « d’aide » d’un côté et des besoins de « soins » de l’autre, mais d’avoir une vision globale de son autonomie et de ses fragilités. Cela implique que l’auxiliaire de vie (côté aide) et l’aide-soignant/infirmier (côté soin) pourront mieux communiquer et coordonner leurs interventions autour de la même personne.

  • Meilleur repérage des fragilités : Puisque les équipes seront censées avoir une vue d’ensemble, le repérage de l’apparition d’une nouvelle fragilité (par exemple, une difficulté croissante à se déplacer repérée par l’aide à domicile) devrait être mieux communiqué aux équipes de soins, et inversement. La prévention et l’anticipation des dégradations de l’autonomie sont au cœur de cette réforme.

 

3. De nouvelles exigences en matière de coordination et de qualité

 

  • Coordination renforcée : Les SAD devront démontrer leur capacité à coordonner efficacement les parcours, notamment en s’articulant avec les Dispositifs d’Appui à la Coordination (DAC), les médecins traitants, et les hôpitaux. Pour les services qui étaient auparavant purement « aide », cela représente un saut qualitatif et organisationnel important vers le secteur sanitaire.

  • Exigences de qualité accrues : La réforme s’accompagne d’un nouveau cahier des charges national pour les SAD, avec des exigences renforcées en matière de qualité de l’accompagnement, de professionnalisation des équipes, de gestion des plannings, et de suivi de la personne. Cela peut impliquer des investissements en formation et en outils pour les structures « non médicalisées » qui devront se mettre à niveau.

  • Nouveau modèle de financement : La réforme introduit aussi un nouveau modèle tarifaire, visant à mieux couvrir les coûts réels des services et à soutenir la revalorisation des salaires, ce qui devrait impacter les modèles économiques des structures, y compris celles historiquement dédiées à l’aide.

 

4. Impacts sur les acteurs du secteur

 

  • Pressions sur les SAAD non polyvalents : Les structures qui n’arrivent pas à opérer cette transformation vers la polyvalence (soit en interne, soit via conventionnement/regroupement) risquent de perdre leur autorisation d’exercer à terme. Cela pousse à des fusions, des regroupements ou des conventions stratégiques.

  • Opportunités de développement : Pour les structures qui réussissent cette transformation, c’est l’opportunité de proposer une offre plus complète et d’être le « guichet unique » pour les usagers, ce qui renforce leur positionnement sur le marché.

  • Professionnalisation des métiers : Le décloisonnement et la coordination entre aide et soin visent aussi à revaloriser les métiers du domicile, en offrant des parcours professionnels plus riches et des échanges plus fréquents entre professionnels.

En conclusion, oui, cette réforme est un changement profond et structurel pour le secteur de l’aide à la personne « non médicalisée ». Elle les oblige à repenser leur organisation, leur offre de services, et leurs partenariats pour s’inscrire dans une logique de polyvalence et de coordination renforcée avec le secteur des soins, au bénéfice d’un accompagnement plus fluide et cohérent pour les personnes dépendantes.


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