Si l’on veut parler d’autonomie, il faut parler d’elles. Les auxiliaires de vie. Ces professionnelles qui, chaque jour, accompagnent nos aînés et nos proches handicapés dans les gestes essentiels. Toilette, repas, déplacements, sorties, discussions. Elles ne font pas « juste » des tâches : elles créent du lien, elles permettent de continuer à vivre dignement.
Et pourtant, trop souvent, elles restent invisibles. Elles travaillent dans l’ombre, avec des horaires difficiles, des plannings instables, une reconnaissance insuffisante. J’ai vu trop de fois des auxiliaires de vie se débrouiller seules, sans informations, sans formation adaptée, alors qu’elles étaient la clé de voûte du maintien à domicile.
C’est pour cela que j’ai voulu que Jamacare mette les auxiliaires de vie au centre. Mon rôle de coordonnateur d’autonomie est d’abord un rôle de soutien pour elles. Les aider à travailler dans de bonnes conditions. Leur donner des consignes claires, adaptées aux situations. Traduire le langage médical en repères simples, concrets, actionnables.
Je crois qu’il faut arrêter de considérer les auxiliaires de vie comme une main-d’œuvre interchangeable. Ce sont des professionnelles à part entière, et leur travail est aussi vital que celui d’un médecin. Jamacare, c’est un projet pour leur redonner cette place.
Et parce que nul ne peut être présent 24 heures sur 24, la téléassistance vient compléter leur action. Non pas pour les remplacer, mais pour prolonger leur présence et sécuriser les temps où elles ne sont pas là. Ensemble, auxiliaires et téléassistance forment un système cohérent.
J’ai longtemps pensé que mon rôle était d’opérer ou de prescrire. Aujourd’hui, je sais que mon rôle est aussi de rendre visibles celles et ceux qui tiennent debout le système. Avec Jamacare, je mets mon expérience de médecin au service de cette mission.
